Poèmes de mon lointain matin

Poèmes de mon lointain matin

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    Je livre au lecteur ces poèmes qui remontent aux premiers âges du monde. Ils furent écrits lorsque j'avais entre dix et seize ans. C'est l'époque de l'aurore primordiale. Le poète enfant hésite au bord du nid avant de s'élancer dans les périls du zénith. Aussi, ces pages vibrent‑elles de rosée, de rêve et d'enchantement.

     

    DIEU

     

    O Dieu, Visage immense et sombre,

     Tu contemples avec amour

    Les soleils dans les rameaux d'ombre,

    Les nids tremblants au point du jour !

     

    O Semeur éternel qui passe

    Couronné d'un bandeau de feu,

    Ta robe enténèbre l'espace,

    Ton regard flotte au zénith bleu

     

    Tu disperses d'un même geste

    Les comètes pâles d'horreur,

    Et les rêves, essaim céleste

    Qui frôle l'âme du penseur.

     

    Pour baigner la corolle fière

    Tu remplis de perles les yeux

    De l'aube aux ailes de lumière

    Et du soir qui meurt dans les cieux !

     

    Devant toi, l'aurore qui vole

    Sur un dragon de flamme d'or

    Est moins que la vague parole

    Jetée autrefois par un mort.

     

    Talon, tu broies les passions viles

    Main, tu mènes le char radieux !

    Tu courbes sur les noires villes

    Ton arc‑en‑ciel mystérieux.

© 2019 La Licorne Ailée