Wésak 1989

 

Je suis monté sur un éléphant d'or et je brandis une épée de feu. Je me précipite contre un repaire de magiciens noirs, où des victimes innocentes sont martyrisées pour que leur sang donne des forces aux démons qui suscitent les guerres. Rien ne peut résister à mon élan furieux.

Je transforme les magiciens diaboliques en pierres vivantes. En effet, les animaux et les plantes sont des formes trop nobles pour les intelligences dégénérées.

Les pierres vivantes me demandent en gémissant si leurs âmes punies doivent retraverser toute la chaîne végétale et animale avant de rejoindre le stade humain. Une voix m'intime l'ordre de ne pas répondre.

28 - 29 Avril 1989

 

Je quitte mon corps physique et une voix me crie :
"Il faut des chaussures en peau de serpent, car les reptiles sont les animaux les plus magnétiques de la terre."

J'obéis et j'enfile des chaussures astrales en peau de serpent. Alors surgit devant moi le dieu Quetzalcoalt, le serpent à plumes.

C'est une silhouette de lumière avec des ailes.

Il me dit: " j'ai vécu aux alentours de l'an 950 de votre ère. J'étais contemporain de Gerbert, le pape sorcier. J'ai annoncé l'arrivée d'un dieu blanc et barbu, venant de l'Est pour détruire les dieux. Ce fut le farouche Cortez. Ainsi une prédiction peut suffire pour effacer un empire. Elle se traduit alors par les cycles qui gouvernent l'évolution des mondes.

J'avais appris aux Incas les merveilleuses puissances du soleil. Un feu invisible vibre dans le cœur astral de l'homme. L'amour universel et l'adoration de l'astre flamboyant transforment ce feu en étoile. A la mort, l'étoile humaine monte vers le soleil divin.

Par contre les ignorants sont condamnés à reprendre la forme humaine; quant aux meurtriers et aux fanatiques, ils risquent la chute dans le puits des bêtes, dans le gouffre animal. Cette chute n'est évidemment pas éternelle. Tôt ou tard, suivant l'impulsion du libre arbitre, l'âme remonte vers l'Etre Suprême.

De cette révélation sublime, les réalistes ont fait une religion de mort et de destruction. Le cœur astral fut remplacé par le cœur physique. On l'arracha de la poitrine des victimes pour l'offrir au soleil révolté de tant de folie.

C'est pourquoi ma prédiction détruisit l'empire Inca.

Vers la fin de ma vie, qui eut lieu en 968, je montai sur un bûcher, dressé au bord des mers, et j'y mis le feu. Mon âme s'éleva jusqu'à la planète Vénus, où j'instruisis les esprits des morts rattachés au magnétisme de ce globe. Ensuite, dernière étape, j'ai gagné les palais lumineux du Soleil où je savoure la suprême félicité.

Le jeu des nombres s'installe dans la date de ma translation (968) par simple doublement. 968 x 2 = 1936. Cette année touche les Messies du siècle vingtième. Gandhi, Saï Satya Baba, Yogananda, Suryananda s'y retrouvent clairement."

Lorsque Quetzalcoalt eut terminé son discours, une grande lumière emplit le firmament, et je me retrouvai, sans transition, dans mon corps charnel.

05 - 06 Mai 1989

 

Sortie en astral. Saint-Germain, Olympio et Zorah m'emmènent à travers les nuages diaprés d'étincellements lunaires.

Après le survol des sommets, des océans couronnés de navires énormes, après les déserts farouches, les villes piquetées de feux et de rumeurs, nous voici dans la sainte montagne, l'Himalaya.

Mais le paysage diffère grandement par rapport à l'année dernière. Un fleuve immense, torrentiel, scintillant, traverse le paysage comme un yatagan plein d'éclairs. Un tertre majestueux le surmonte, où les vingt-deux sages méditent sur des trônes d'or.

Autour de notre groupe volent comme des oiseaux les âmes des initiés dédoublés. Au-dessus, brille dans un ciel turquoise la lune-soleil du Wésak, comme un bouclier fantastique. Sa lueur argente un cercle d'une trentaine de montagnes.

Au-dessous des Maîtres, sur un plateau dominant le fleuve, viennent les initiés d'Asie, en cagoules blanches. Ils semblent sortir de terre. On comprend qu'ils se méfient de la police chinoise !

Ils s'organisent suivant le schéma du trèfle à quatre feuilles, créé depuis 1980, en remplacement de l'étoile à cinq branches.

La danse des corps astrals se prenant par leurs mains fluidiques commence au-dessus de la déambulation des initiés charnels. A ma gauche est Olympio, à ma droite Zorah, qui elle-même donne la main au comte alchimiste. Je reconnais le nouvel Hénoch à son masque de Lénine illuminé. Une légère tristesse pourtant met un voile sur ses traits; cela fait partie de son roman terrestre personnel. Mais ce voile disparaît vite.

Soudain une face majestueuse surgit dans la lune-soleil. C'est Amida-Bouddha, sous une tiare de lumière à sept couronnes. Ses trois yeux brillent comme une triple étoile. Il en jaillit un rayon qui traverse le corps transparent des initiés aériens et va couvrir toute la Terre d'une tunique violette. Je ressens que pendant une minute la paix a parcouru le monde.

La grande voix du Maître tombe sur nos têtes. "Enfants ! n'attendez pas l'âge d'or pour bientôt. Abandonnez toute chimère consolante. La réalité s'impose plus consolable encore. Mais elle arbore un visage sévère.

Quatre âges se partagent la destinée des peuples, sous les quatre métaux essentiels: l'or, l'argent, le cuivre et le fer. Puis tout recommence indéfiniment. Le premier a pour maîtres les Brahmanes, le deuxième les Kshatryas, le troisième les Vaisyas, le dernier enfin les Soudras ou travailleurs manuels.

Nous sommes entrés dans l'âge de fer, le Kali-youga, depuis Krishna, 3100 avant l'ère chrétienne. Mais chaque âge se prolonge six mille années. Le monde est donc éloigné du petit âge d'or. Les grands cycles, eux, se comptent par centaines de millions d'années.

Le grand âge d'or, pour les âmes en évolution dans le système solaire, n'aura lieu que dans la race violette, sur la planète Jupiter. Ces lointains fabuleux sont connus des véritables mages.

Mais l'âge d'or spirituel est à portée de votre main, ô vivants que torture un espoir infini !

Le démembrement de l'être primordial se traduit par la guerre entre la sagesse et la compassion, entre la joie et la souffrance, entre l'aboli et le futur. La reconstitution de l'unité fondamentale supprimera dans votre cœur tous les problèmes et rebâtira l'âge d'or définitif. Les épousailles entre l'âme humaine et l'âme universelle chanteront la gloire du paradis reconquis. C'est ici la clef flamboyante de l'absolu.

Si vous en êtes dignes, entrez dans le paisible jardin des philosophes rédempteurs!"

Amida-Bouddha se tait. Un silence invraisemblablement profond s'établit sur les montagnes.

Soudain, un sceptre de feu se dresse devant la lune-soleil. Il s'en échappe des rayons de la huitième couleur qui vont baigner la Terre entière. Je comprends qu'ils éveillent l'illumination dans quelques humains prédestinés. Une illumination permanente, celle qui caractérise les Immortels. Leur nombre est très petit, trop petit pour que je le révèle aux curiosités impatientes des mortels.

Tout à coup un ouragan m'emporte vers la prison de mon corps physique. J'y rentre brusquement, et j'entends la voix de Zorah qui dit d'un ton mystérieux: Orphée et Orphise.

07 Mai 1989

 

Je vois, dans une lumière crépusculaire, la déesse Dolma, qui m'offre un trèfle à quatre feuilles. Sur chaque pétale brille la lettre H, en or alchimique.

Dolma m'explique en souriant le mystère des quatre H.

"La première initiale couvre à la fois Homère, le chantre d'Achille au cœur bouillant et d'Ulysse le subtil, ainsi que Hugo la réincarnation d'Homère aux voix innombrables.

La deuxième désigne Hermès, à la fois l'Intelligence Divine, le créateur de la Grande Pyramide, qui contient l'épopée des Prophètes de l'humanité, et le conducteur des âmes dans les royaumes troubles de la mort.

La troisième H signale un génie trop oublié: Hermotime de Clazomènes qui, plus tard, prit la forme radieuse de Pythagore. Hermotime s'entretenait avec les dieux, sortait à volonté de son habitacle physique pour aller visiter le monde prodigieux des étoiles éparses dans l'immensité comme une semence de diamants.

Ses ennemis - tout grand philosophe a des ennemis, profitèrent d'une de ses absences astrales pour livrer aux flammes son corps physique. Tout heureux Hermotime resta quelques siècles dans la liberté des étoiles et des planètes. Puis il se réincarna sur Terre sous la forme de Pythagore, l'écouteur du chant des constellations.

Tu demandes à qui se rapporte la quatrième H. Elle se rapporte à un héros à la fois très connu et très inconnu: le fabuleux Hercule. Ce n'est pas un mythe solaire ou lunaire, c'est un être de chair et de sang qui a foulé robustement la terre des hommes.

Sa naissance remonte aux âges reculés de l'Atlantide, continent disparu sous le glauque linceul des flots. Comme tous les Messies, Hercule naquit d'une femme humaine et d'un dieu resplendissant. Sa mère se nommait Alcmène et son père Zeus, le Maître des cieux. La ville natale d'Hercule, Thèbes, l'arche solaire est la transposition de la capitale atlante, Poséidonis cette bruyante et géniale Babylone des mondes engloutis.

Il a eu pour Judas son propre frère Iphiclès, à qui le Karma a soumit ses hautes destinées. Iphiclès représente aussi notre inconscient animal. Vaincre toutes ses imperfections peut nous conduire à de grandes choses.

Les douze travaux d'Hercule symbolisent les douze initiations fondées sur les douze régions d'étoiles que l'on appelle Zodiaque.

Disons que le Zodiaque a été découvert par Hercule, il y a des dizaines de milliers d'années. Ce génie merveilleux a calculé les douze zones du magnétisme solaire, où la Terre se meut dans sa course majestueuse. Cette vérité cosmique ne sera retrouvée qu'au 20ème Siècle.

Hercule eut comme adversaire, entre autres ennemis, le brigand Cacus où l'on peut voir son propre corps astral, appelé Ka par les sages de l'antique Egypte.

On a conservé le nom de l'initiateur d'Hercule, fils d'une humaine et d'un immortel. L'initiateur s'appelle Eurysthée, vocable plein de mystères, dont je laisse l'approfondissement aux sages kabbalistes. Signalons cependant qu'il contient la ville d'Ur, patrie de l'initié hindouiste Abraham, et l'île de Cythère, berceau de l'amour chez les Hellènes.

De nombreuses absurdités et atrocités furent ajoutées par les ignorants et les fantaisistes au bel album de la vie d'Hercule.

Mais le grand sage fut sur la vieille terre atlante, la première apparition de celui qui fut plus tard Jésus-Christ, proclamateur de l'amour, et de l'âme indestructiblement personnelle.

Quatorze Sauveurs de l'humanité resplendissent dans le ciel des purs: Rama * Krishna * Bouddha * Job * Jésus * Orphée * Pythagore * Fo-Hi * Lao-Tseu * Al-Hallaj * Roumi * Harem * Milarepa * Olympio.

Qu'ils soient bénis dans la hauteur des cieux et dans la profondeur des âmes !"

Alors la déesse Dolma me sourit avec une douceur infinie et la sainte vision s'effaça.

Pendant une soirée miraculeuse du Wésak, l'alchimiste m'a dit : "Il faut traiter sept fois la substance rouge sur le feu vierge, au son d'une musique initiatique, en récitant des mantrams empruntés à la magie celtique. On obtient, au bout de la première année, la tête du corbeau, à la fin de la deuxième le cerf d'argent, à la conclusion de la troisième le lion vermeil.

Veille et médite et tu forgeras le sceptre d'immortalité.

Tu dois savoir que l'alchimie gouverne la naissance des espèces nouvelles et qu'elle est rythmée par la découverte des planètes, ou plutôt par leur influx magnétique.

La sélection naturelle de Darwin avec la survivance du plus fort, ne correspond à aucune réalité fondamentale.

Par contre, Lamarck donne une explication partielle du grand tourbillon de la vie.
Le besoin crée l'organe,
L'habitude le fortifie,
L'hérédité le perpétue.

Belle trinité, digne de la poussée irrésistible de la vie. Malheureusement, le troisième terme, la perpétuation par l'hérédité, se confirme très rarement sur l'écume de la vague évolutive. Ce phénomène exige des conditions magnétiques et astrologiques difficiles à réaliser.

Par contre la marche de la vie se fait par bonds créateurs, par mutations. Parfois, quelques individus, appartenant à une espèce traditionnelle, donnent naissance à des spécimens d'une espèce inédite, avec des caractères nouveaux héréditairement transmissibles. Une nouvelle espèce végétale ou animale s'inscrit sur le registre de l'être incommensurable.

Ces mutations ne proviennent pas du hasard. Elles suivent un plan déterminé par l'influence des archanges. Tout l'univers s'achemine vers plus d'intelligence, d'amour et de liberté.

Le signe d'une transformation radicale se situe dans la découverte de planètes inconnues. La transformation touche d'abord le mental, puis comme une précieuse liqueur elle descend dans le corps physique lui-même.

Une nouvelle race apparaîtra, de couleur bleue, ailée et pourvue de formidables dons paranormaux. Les métamorphoses du mental humain sont le péristyle de ce nouveau temple.

La découverte d'Uranus, précédant la révolution américaine, la découverte de Neptune, précédant la révolution industrielle, la découverte de Pluton, précédant la révolution gandhienne, sont d'ardents préludes avant la grande orchestration.

Quand l'humanité découvrira la planète Hercule, second soleil du système solaire, planète qui tourne en 24 mille ans autour du soleil central, la mutation surhumaine s'accomplira.

Mais l'homme ne sera véritablement sauvé que lorsque le système solaire atteindra, grâce à l'expansion de l'univers, la vitesse de la lumière. Alors, les hommes transfigurés deviendront des entités archangéliques.

- Qui es-tu? demandai-je à mon interlocuteur, pour me faire de telles révélations?

- Ne l'as-tu pas deviné? dit-il en riant. Je fus dans l'antiquité le savant Midas, à qui la légende attribue le pouvoir de changer en or tout ce qu'il touchait. Au fil des âges, on me retrouve sous les traits de Nicolas Flamel, qui fut initié par maître Conches, alias le comte de Saint-Germain.

Auparavant, je fus Zosime le Panapolitain, qui écrivit de profonds traités d'alchimie, où il révélait, de manière énigmatique, les secrets de la pierre philosophale.

J'ai encore été John Dee, l'astrologue de la reine Elisabeth Ière, mais j'ai gardé jalousement le grand secret qui m'a permis de vivre très vieux et de guérir toutes les maladies.

Enfin, mon dernier visage fut celui de Fulcanelli, l'auteur des "Demeures Philosophales" et du "Mystère des Cathédrales". Initié par Saint-Germain, il a disparu et se retrouve parmi les sages de la Grande Fraternité Blanche"

A ce moment précis, je levais les yeux et je vis la lune-soleil du Wésak qui jetait une extraordinaire splendeur.

L'alchimiste s'éleva vers elle et se mêla aux danses astrales des initiés en corps subtil. J'étais dans la ronde aérienne. Il me sourit d'un air malicieux et je me retrouvai brusquement dans mon corps physique.

J'entendis alors la voix de Victor Hugo qui me disait:

"Le grand alchimiste, c'est Dieu, et la pierre philosophale, c'est l'Univers."

18 Mai 1989

 

(édition BMP 08/2000)