Pensées divines

 

(édition BMP 04/2000)

La nouvelle chronologie n'admet plus l'an I de l'ère du Christ.
Il y a l'an 0 entre -I et +I.
Ce changement est d'une terrible signification.I, c'est le commencement de l'infini, le germe des créations.
0, c'est le néant.
Le Christ après avoir incorporé Dieu, n'existe plus. Son influence décline comme un soleil couchant.

Lorsque les théologiens catholiques opposent le purgatoire à la réincarnation, ils commettent une erreur. Car le purgatoire - espèce d'antichambre astrale où se purifient certaines âmes trop légères pour la vie terrestre, mais trop lourdes pour la vie céleste - existe aussi dans la théorie des réincarnations. Il faut opposer par contre les voyages purificateurs de l'âme, qui aboutissent inévitablement à la béatitude divine, aux éternelles souffrances de l'enfer, cette chimère issue de cerveaux cruels et maladifs.

L'enfer éternel, invention du diable, qui par orgueil, voudrait durer autant que Dieu. Mais tous les enfers s'éteindront et Satan redeviendra Lucifer, le Porte-Lumière. Dans les sociétés secrètes du monde antique, l'initié s'appelait « petit enfant ». Le massacre des petits enfants par Hérode cache en réalité un massacre d'initiés. Aucun tyran ne peut souffrir les sages.

(édition BMP 02/2000)

Le moi géant des grands hommes contient toute l'humanité.

Les éclairs de génie peuvent relier les extrêmes et aller par exemple de Racine à Victor HUGO mais ils n'illumineront jamais les âmes courbées sous le faix des diplômes.

Catholicisme et Marxisme se ressemblent comme deux jumeaux ennemis. Ils craignent également l'individualisme, l'esprit critique, l'imagination. Ils émondent l'arbre humain de ses plus beaux rameaux; et, comme la vie se révolte contre leurs dictatures, ils la jettent dans l'horreur des bûchers ou des camps de concentration. Mais l'homme finit toujours par triompher. Il s'épanouira dans sa totalité véritable, après avoir brisé ces deux masques du despotisme éternel. Le monde actuel est écartelé entre deux puissances contraires: le thomisme et le marxisme. Les uns suivent Saint Thomas d'Aquin, le grand bœuf muet de Sicile, les autres Karl Marx, le massif taureau d'Allemagne. Ces deux monstres ont ceci de commun qu'ils prêchent la soumission à une église infaillible. Qu'elle soit rouge ou noire, qu'importe ! On ne peut atteindre l'étoile de la Perfection que sur les ailes de la liberté.

Les signes sur la Terre et dans le ciel environnent un homme chargé d'un rôle mondial. Mais s'il vient à perdre sa tiare, il peut mourir sans ébranler le silence de Dieu. Pas une comète ne luit sur les cadavres sans prestige.

Le monde est le domaine de l'illusion et de la mort. Les empires disparaissent, les montagnes s'effacent, les étoiles même s'éteignent dans l'espace. Et de malheureux naïfs croient à l'éternité du catholicisme!

(édition BMP 05/2000)

Dans l'infini où pénètre l'oeil de l'intuition, d'étranges spectacles se présentent. On voit notamment des systèmes planétaires sans soleil. Des globes obscurs qui tournent les uns autour des autres dans un extravagant mélange. Ils forment des sociétés de planètes, avec atmosphères, feux intérieurs, volcans, eaux pullulantes, et la vie pleine d'énigmes. Dans un autre coin du ciel surgissent des systèmes solaires inversés. Au centre un soleil noir régente une famille de planètes brûlantes et resplendissantes... Parfois le soleil est tout petit par rapport à ses satellites, mais d'une prodigieuse densité. Plus loin, un soleil et une planète géante forment un couple d'égale grandeur. La sphère ténébreuse et la sphère incandescente se regardent amoureusement, évoluent l'un autour de l'autre, comme des amants éternels. Les petites planètes entourent ces deux géants ainsi qu'une chaîne en forme de huit. Elles vont sans se lasser de l'axe de nuit à l'axe de lumière. J'ai vu un système ptoléméen. Une Terre centrale, autour de laquelle tournoient quelques planètes, dont les cercles renferment un soleil minuscule qui répand le jour et la chaleur dans tout ce bizarre cosmos. Le Livre des mondes contient des pages sans nombre, illuminées de gravures inconnues.

Certaines planètes proviennent de la désintégration d'une plus grande planète, d'autres ont surgi d'une agglomération de planétoïdes. Le proto Jupiter s'est brisé en immenses débris, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune ?

Par contre la Terre a-t-elle émergé d'un quadruple embrassement, du baiser de quatre astéroïdes ivres d'union ?

Einstein prétend que la matière ne peut dépasser la vitesse de la lumière, 300.000 kilomètres à la seconde, limite absolue.

Erreur. Les hommes futurs inventeront des engins capables de faire voler en éclats le mur de la lumière.

Déjà les chevaux de la pensée distancent les chevaux du soleil.

Un être plus rapide que la lumière passerait à travers des blocs de granit sans même s'apercevoir de leur existence. Les fées et les lutins sont-ils ainsi ?

Deux espèces de lumière :
La lumière divine, d'où jaillissent, étincelles d'éternité, les Ames, et la lumière angélique d'où émanent les grains de vie qui se dégradent en mondes.

J'imagine des hommes inconnus sur une planète ignorée. Chaque année, ils se rassemblent solennellement. C'est le Jour des Fécondations.

Leur germes sortent par sept trous disposés autour de leur tête et cette copulation leur tresse une couronne de perles blanches.

Le vent de l'été passe en ouragans bleus ; ses ailes emportent les perles-semences comme un nuage de vie. Quand elles touchent terre, les perles-semences s'enfoncent dans le sol. Alors s'accomplit le mystérieux travail, et, sept mois plus tard des enfants commencent à sortir du globe en gésine. D'abord les fronts, puis les bras qui se balancent, tout le corps enfin.

Alors, les racines qui le retenaient encore se dessèchent, et l'enfant bondit librement sous les trois soleils vert, jaune, et rouge, qui éclairent sa patrie.

La matière primordiale se condense sous forme d'étincelles. La matière conservatrice prend l'apparence de disques étincelants.

Mais la force de destruction palpite dans les grands courants lumineux qui traversent l'espace.

Les grains de sable qui composent les continents correspondent aux étoiles qui composent les vois lactées. Entre les voies lactées se déroule l'océan des énergies cosmiques emplissant le vide.

Voies lactées et océans d'énergies se meuvent sur l'immense bulle univers d'espace-temps qui enferme nos existences. Poursuivons l'analogie.

De même qu'il existe un soleil autour duquel gravitent les planètes, de même existe un super-soleil, formé de super-matière, qui détermine, avec les mondes d'espace-temps soumis à sa loi, un système super-solaire; ainsi de suite à l'infini...

Cette tour prodigieuse dont le faîte monte sans jamais s'arrêter dans les abîmes impose à notre intelligence le corps sans limites de l'Eternel.

(édition BMP 08/2000)

Peut-être le pire criminel est-il celui qui commet un crime au nom de la Justice. L'implacable sanction déshonore l'esprit qu'elle prétend défendre. Couvrons d'indulgence le monde et il sera sauvé.

Le moment de la mort n'a peut-être pas l'importance colossale que lui attribuent théologiens et philosophes. Un criminel total, amputé de conscience morale, peut mourir avec tranquillité. Un juste, rongé de trop de scrupules, peut mourir dans l'angoisse. L'impeccable providence rétablira l'équilibre. La tranquillité du criminel comme l'angoisse du juste rentrent aussi dans l'harmonie divine. Ce sont les résultats naturels de l'énergie et du doute.

L'histoire, au premier abord, ne forme qu'un chaos d'où chaque démiurge arrache son cosmos personnel. Cependant, elle contient le rythme de l'universelle évolution, et les secrets intimes de ce rythme scandent le chant des prophéties.

Réactionnaires, révolutionnaires, êtres incomplets. L'homme complet réunit dans son coeur les fleurs du passé et les germes de l'avenir sous le soleil de la pitié.

Malgré la prophétie de René Guénon, la Chine, pays traditionaliste par excellence, est tombée dans les griffes rouges du marxisme. Cela montre l'accélération de la décadence universelle. Mais l'Inde, pays infiniment plus noble, reste libre sous les ailes du fantôme immense de Gandhi. Si jamais l'Inde succombe et se communise, l'heure fatale sonnera dans les cadrans de l'éternité. L'Inde communiste serait le signe irrécusable de la fin des temps.

Un même dictateur régnera sur la Sibérie et le Sénégal. Alors la comète apparaîtra. Ce sera la fin du monde.

Les Russes arriveront jusqu'à Aix-la Chapelle. Mais le soleil de la pensée éclairera les planètes.

Malgré leur générosité, Sartre, Camus, ces maîtres à penser d'une génération, me paraissent minuscules. Ils érigent en vain le flambeau de la confrontation désespérée de leur âme et du silence universel. Ils refusent dédaigneusement ceux qui veulent voir dans l'homme plus que l'homme. Pauvre Camus! Pauvre Sartre! Fourmis pathétiques noyées dans un ruisselet que nous franchissons d'un seul pas.

La faiblesse et la décadence du XXème siècle éclatent dans ce simple fait: nos savants, en majorité, nient l'existence de l'infini. On peut admirer les spoutniks et les bébés-lunes, mais hausser les épaules devant les théories bornées de la moderne Physique. Seul, le grand vin métaphysique enivre les contemplateurs de l'Immesurable!

(édition BMP 12/2000)

Les sages sont les yeux de l'humanité, les poètes en sont la voix. Quand les yeux se ferment et la voix se tait, une ère de ténèbres tombe sur les peuples.

Les poètes du XVIIIème siècle étonnent par leur couleur blafarde et le moutonnement monotone de leurs vers. Seul, comme une montagne d'émeraude, André Chénier déchire ces nuages.

Les petits esprits ne s'épanouissent que dans le social, les grands esprits s'ouvrent largement dans les vents éperdus de la métaphysique.

La spiritualité est une sorte de fluide surmental qui s'amasse autour des initiateurs, une auréole de lumière condensée. L'initiateur peut détacher une perle de cette couronne invisible, et vous la donner. Il ne perd rien, car la perle vivante repousse sur le diadème. Quant à vous, il vous est possible de faire du joyau un germe, qui donnera naissance à un jardin de splendeurs.

Là où le conquérant finit, le poète commence.

Un homme supérieur, pour vaincre, n'a besoin que de son génie. On croit se heurter à un isolé, on se heurte à des millions d'anges dont le tourbillon couronne et défend un front suprême. Dans l'invisible, une armée d'élémentals sert fidèlement le surhomme.

Les historiens modernes ont prouvé que Jeanne d'Arc a été, non une pastourelle, mais une bâtarde de sang royal, fille de Louis d'Orléans et d'Isabau de Bavière. Les occultistes le savaient déjà (voir Joséphin et André de Lor).

Et William Shakespeare, merveilleux alambic d'intuition, fait dire à Jeanne, dans son Henri VI :  Jeanne est restée vierge depuis sa tendre enfance, chaste et immaculée dans toutes ses pensées, et son sang virginal, cruellement répandu, criera vengeance aux portes du ciel.

L'intuition des poètes précède toujours le travail des savants. Quand les fourmis arrivent dans la forêt, les aigles l'ont traversée depuis longtemps.

Quand deux amants s'étreignent tendrement, leurs effluves d'amour se répandent sur le monde, et le transforment. Les plantes deviennent sensibles, les pierres vivantes.

Quand deux divinités se pénètrent dans une fusion amoureuse, leur auréole envoie des radiations d'enthousiasme aux âmes des artistes et des poètes. La Terre tout entière tressaille vaguement.

Peut-être les grandes époques littéraires sont-elles causées par l'étreinte des Dieux ?

Les génies sont la crête de l'écume des mondes. Ils se hissent au plus haut de l'évolution, et scintillent sous le choc des rayons de Dieu.