Ecrits, nouvelles, réflexions de François Brousse

Mystères et secrets de la réincarnation
(extrait du livre La Trinosophie de l'Etoile Polaire)

 


 

La pensée de l'Inde n'est pas orientale, elle est universelle, ses vérités pénètrent aussi bien la mentalité occidentale que celle des enfants de l'Orient, on peut même dire qu'elle est plus proche de Pythagore que de Mao. Le problème de la réincarnation depuis Platon et les Druides était pour nous, occidentaux, d'une clarté parfaite, certains demi-orientaux, comme René Guénon et Georges Gurdjieff ont contribué à verser l'obscurité dans ce ciel limpide. René Guénon prétend que le moi profond ne se réincarne jamais sur la même planète mais que des résidus psychiques survivent et vont parasiter d'autres individualités terrestres. Ces affirmations confondent étrangement l'âme mortelle et l'âme immortelle qui sont en nous. Notre moi mortel, synthèse du corps vital, du corps astral et de certains éléments du corps mental, se dissout à notre mort. Ses débris peuvent, en effet , se mêler comme les atomes physiques à d'autres individualités psychiques. La circulation des molécules matérielles et des molécules animiques va de corps en corps et de fluide en fluide. Mais, derrière ces voiles, physiques ou hyperphysiques, le Moi immortel demeure et peut se réincarner sur la même planète car la réincarnation n'est par un recommencement mais un renouvellement. Il existe au-delà de toute incarnation, l'état du présent éternel valable pour le parfaitement réalisé, dans ce cas, le temps n'existant plus, la réincarnation n'est plus possible. Elle s'efface en même temps que le karma. Essentiellement la réincarnation présuppose :

  1. Une entité éternelle qui préexistait depuis toujours à notre naissance et subsistera à jamais après notre mort : l'Atman.
  2. Cette entité, avant d'animer notre corps, a animé successivement d'innombrables corps végétaux, animaux et humains, avec, entre ces différentes incarnations, des séjours en d'autres mondes ou plans de conscience.
  3. Cette entité éternelle animera d'autres formes supérieures à l'état humain, que l'on peut appeler, d'après la tradition chrétienne : angélique, archangélique, séraphique ou, d'après la tradition hindoue, dévique - les incarnations supérieures se termineront quand la voyageuse éternelle prendra conscience de sa divinité en dehors du Temps, de l'Espace et de la Causalité et de la Souffrance.
L'homme réel est éternel, l'atman rejette successivement les vieux corps pour en revêtir de neufs, mais tout cela n'est que le jeu illusoire de Maya. Dans le fond de son être, l'homme est identique à Dieu, Atman = Brahman. Le Sage prend conscience de cette réalité essentielle et il peut dire : JE SUIS CELA. Dans l'état humain nous pouvons atteindre l'état divin, l'Amour et la Lucidité en sont les conditions. L'Atman périgrine d'incarnations en incarnations - jusqu'au moment où il atteint la plénitude de la supraconscience et qu'il comprend son identité avec l'éternel bien, l'éternelle beauté, l'éternelle vérité. Comme il est libre, il forge lui-même ses destinées futures, ses actes, ses paroles, ses pensées, ses désirs, crée les conditions de ses existences futures. Les souffrances sur la Terre ne sont pas le jeu d'un Dieu incompréhensible ou les aléas d'un monde absurde dans lequel tout n'est qu'accidents et hasards, c'est le résultat automatique du karma que nous avons accumulé dans nos vies antérieures. Cette vision grandiose est beaucoup plus logique que la vision chrétienne ou matérialiste du monde, elle est en rapport avec le sentiment et l'idée de justice qui se trouve gravé dans notre esprit. Nos douleurs personnelles ne sont pas la conséquence de la faute de nos arrière-parents mais le résultat de notre libre-arbitre. Nous sommes absolument nos juges, nos bourreaux, nos victimes et nos rédempteurs - nous récoltons ce que nous avons semé, certains se posent la question de la première faute. Pourquoi le mal existe dans le monde ? La réponse selon Victor Hugo est : " parce que le monde et le mal sont intimement liés dans leur condition finie et relative. ". Citons les vers de " la Bouche d'Ombre " :

Dieu n'a créé que l'être impondérable,
Il le fit radieux, pur, candide, adorable
Mais imparfait ; sans quoi sur la même hauteur,
La créature étant égale au Créateur,
Cette perfection dans l'infini perdue,
Ce serait avec Dieu mêlée et confondue,
Et la Création à force de clarté,
En lui serait rentrée et n'aurait pas été.
La Création sainte où rêve le prophète
Pour être ô profondeur ! devait être imparfaite
Donc Dieu fit l'Univers, l'Univers fit le mal

Cela veut dire que l'existence de deux absolus étant impossible, il faut nécessairement que l'absolu donne naissance au relatif. Mais le relatif et le limité gardent en soi, comme reflet de l'Eternel, le pouvoir du libre-arbitre. L'être libre est responsable, il peut, suivant sa volonté s'approcher du divin ou tomber dans les puits de la matière. Toutefois, comme l'âme est fille de l'éternel Dieu, sa substance divine ne peut être détruite, elle rentrera inévitablement dans la lumière du paradis. Son libre-arbitre peut retarder ou accélérer cette Transfiguration providentielle. L'Enfer éternel n'est pas plus possible que l'anéantissement définitif. Dans le Christianisme beaucoup sont appelés et peu sont élus. Dans l'Hindouisme tous sont appelés et tous sont élus. De l'atome à l'archange tous les êtres rentreront dans la conscience cosmique. Celui qui fait le mal et qui en subit les conséquences n'est évidemment pas le corps, pas plus le corps physique que le corps astral, que le corps mental, ce ne peut être que l'âme séparée de Dieu. Pourquoi s'est-elle laissée prendre à la cupidité, à l'orgueil, à la violence, à la luxure, à la haine, parce qu'elle est imparfaite et dans son imperfection, elle subit toutes les tentations. De plus elle est libre et dans la puissance souveraine de sa liberté, elle peut se libérer comme s'emprisonner - ce n'est pas un autre qui, dans le karma, au fil des réincarnations subit les conséquences de sa faute, c'est l'âme elle-même en tant qu'entité immortelle, consciente et libre. D'ailleurs toutes ces souffrances n'existent que parce qu'elle est consciente. Ce qui se réincarne, c'est l'âme séparée de Dieu - En réalité même, elle ne se réincarne pas, elle s'identifie à de nouveaux corps physique, astral, mental, résultat de ses activités antérieures et qui tous flottent dans le monde impermanent de la Maya. Evidemment, certains se révoltent à l'idée d'un karma lourd et aveugle, on parle des millions d'enfants d'Israël détruits dans les chambres à gaz, on pourrait parler tout aussi bien des millions de victimes écrasées, brûlées, asphyxiées par des catastrophes naturelles, dans un cas comme dans l'autre, c'est la manifestation d'un karma. La Bible, elle-même, déclare : " Qui frappe par l'épée périra par l'épée " ; comme cette maxime ne se réalise pratiquement jamais dans une seule vie, il faut pour l'expliquer faire intervenir la succession des réincarnations. De toute manière, le Catholicisme ne donne aucune explication de ce problème crucial. L'Hindouisme prétend que tous ceux qui souffrent ont fait souffrir. La lourde dette, accumulée dans les existences antérieures, ne s'est pas passée dans un autre corps vivant, ni dans un autre mental, mais dans la même âme. Cette dette n'est pas le secret d'un autre, elle est le secret de l'âme, voyageuse de l'Infini. C'est l'âme qui l'a contractée et c'est elle qui s'en acquittera. Elle ne s'en souvient pas, dites-vous ? Si elle se souvenait elle aurait la certitude et non la liberté. Si tous les êtres se souvenaient de leurs fautes et voyaient nettement les conséquences fatales de ces fautes, ils seraient inévitablement emportés vers le bien, il n'y aurait plus de liberté possible. Peut-être aussi la vie deviendrait-elle un enfer : si l'on se souvenait que c'est untel qui nous a tué, que c'est untel qui nous a torturé, qui nous a dépouillé..., l'oubli est la condition du pardon. Sans doute on nous demande de nous souvenir de nos vies antérieures, mais ceux qui sont capables de s'en souvenir sont aussi capables d'en supporter les conséquences redoutables. D'ailleurs, l'histoire des faits parapsychologiques nous montre de nombreuses réminiscences puisées dans nos vies antérieures. Comment réagiraient les enfants d'Israël, s'ils se souvenaient des massacres commis par les Juifs à l'époque de Moïse, de Josué, de Saül et de David ? Voici les ordres de Moïse, après la victoire sur les Madianites : Maintenant, tuez les mâles parmi les petits enfants, et tuez toute femme qui a connu un homme en couchant avec lui ; mais laissez en vie pour vous toutes les filles qui n'ont point connu la couche d'un homme. [Nombre XXXI, 17-18.] Les troupes de Josué sont aussi barbares que celles de Moïse. La prise de Jéricho fut souillée d'affreux massacres : Ils s'emparèrent de la ville et ils dévouèrent par interdit, au fil de l'épée, tout ce qui était dans la ville, hommes et femmes, enfants et vieillards, jusqu'aux boeufs, aux brebis et aux ânes. [Josué VI, 21. Saül, férocement, s'attaque même à ses propres sacrificateurs. Horreur des guerres civiles : Saül, frappa encore du tranchant de l'épée Nob, ville sacerdotale hommes et femmes, enfants et nourrissons, boeufs, ânes et brebis, tombèrent sous le tranchant de l'épée. [I Samuel XXII, 19.] A la prise de Rabba, David est plus odieux encore : Il fit sortir les habitants et il les plaça sous des scies, des herses de fer et des haches de fer, et les fit passer par des fours à briques ; il traita de même toutes les villes des fils d'Ammon.[II Samuel XII, 31.] Je n'excuse nullement les nazis - ils ont été les instruments du karma qui s'est servi de leur volonté pernicieuse pour purifier par la souffrance les fautes antérieures. J'ajoute que parmi les Juifs jetés dans les fours crématoires, il existe de nombreux inquisiteurs qui subissent à leur tour le bûcher après l'avoir fait subir à leurs victimes. Qu'on ne me dise pas que les bourreaux actuels sont irresponsables puisqu'ils sont les instruments du karma. Etant libres, ils auraient pu choisir de ne pas être bourreaux. Mais s'ils ne l'avaient pas fait, le karma se serait-il quand même réalisé ? Oui, il aurait pris d'autres formes : épidémies, cataclysmes, erreurs chirurgicales, accidents... mais le karma se serait arrêté, alors qu'il se continue, les bourreaux actuels devenant inévitablement les victimes futures. Et ce cycle infernal ne se terminera que lorsque l'un des deux adversaires pardonnera - la loi sublime du pardon est la destruction du Karma. Les ennemis de la Réincarnation s'appuient sur la démographie pour essayer d'en détruire les bases ; nous sommes actuellement 4 milliards d'êtres humains ; il y a 10 siècles à peine, le monde n'en comprenait que 500 millions, d'où viennent ces 3 milliards et demi d'âmes en surnombre ? L'objection fait preuve d'une extraordinaire ignorance de l'ampleur du Cosmos. Elle suppose qu'il n'y a qu'un nombre limité d'âmes toujours attachées à la même planète, mais le nombre des âmes est illimité, à la fois dans le temps et dans l'espace, ces voyageuses de l'infini vont de planète en planète, selon les nécessités du karma et de la purification. Les 3 millions d'âmes en surnombre proviennent : d'autres planètes, soit du règne animal, car il ne faut pas oublier que la Loi de l'Evolution universelle fait passer les âmes de la pierre à la plante, de la plante à l'animal, et de l'animal à l'humain. En vérité, le nombre des réponses possibles et réelles est très grand, on peut même faire intervenir des incarnations d'âmes évoluant dans le plan astral ou dans le plan mental et que l'attraction des vies planétaires est venue arracher à la splendeur de leur paradis. Ces trois réponses sont vraies toutes les trois, elles se placent logiquement dans la perspective des théories hindouistes et théosophiques. La théorie de la Réincarnation laisse supposer un progrès final de toutes les âmes, sans doute, mais il ne faut pas oublier la puissance du libre-arbitre humain : inévitablement tous sont appelés et tous seront élus, mais il appartient au libre-arbitre humain d'accélérer ou de retarder leur libération définitive, leur transfiguration finale. En outre, les âmes se réincarnent par groupes, suivant leurs affinités, par exemple : toute une armée d'âmes a débarqué du ciel sur la Terre au Moyen-Age, elles resurgissent de nos jours avec leur fanatisme et leur aveuglement. Par contre, au XVIIIème siècle et au XIXème siècle, les âmes semblent provenir d'époques plus éclairées et plus heureuses. N'oublions pas que nous sommes à la fin des temps, au Kali-Yuga, à une époque où beaucoup d'âmes ont brisé les liens planétaires et ne se sont plus réincarnées. En compensation, de nombreuses âmes montées du règne animal se mettent à prendre un visage humain, ce qui explique la folie et la violence qui déferlent actuellement sur la Terre. Il n'est pas exclu davantage que des âmes proviennent de planètes plus barbares et s'incarnent sur la Terre, apportant leurs propres ténèbres. Bref, pour dénouer le noeud gordien de ces questions, il ne faut pas oublier :

  • que des âmes en quantité innombrable sortent de l'inconscient universel.
  • que les âmes voyagent de planète en planète à une vitesse instantanée.
  • que de nombreuses âmes animales accèdent à la dignité du règne hominal (ce qui d'ailleurs explique fort bien l'évolution du protozoaire à l'homme).
Quand au souvenir des vies antérieures, il prouve simplement qu'il existe une mémoire psychique aussi bien qu'une mémoire cellulaire, toutes les objections proviennent de cet axiome très contestable que le cerveau est le producteur de la mémoire, comme il serait le producteur de l'intelligence, de la pensée en général - le cerveau n'est pas, malgré l'affirmation de certains biologistes contemporains, l'origine de tout notre esprit, il n'en est que l'instrument. Détraquez votre poste, les images et les sons disparaissent mais ils sont toujours là. Ils proviennent d'une onde puissante qui s'empare du poste quand celui-ci est apte à la recevoir, l'onde, c'est l'âme, le poste, c'est le cerveau. La biologie a démontré que toutes les cellules et pas simplement les cérébrales sont susceptibles d'avoir de la mémoire, la psychométrie a démontré que même les objets inanimés : rochers, maisons, meubles contiennent le souvenir des scènes antérieures, cela explique le phénomène des maisons hantées et la clairvoyance des médiums capables à partir d'un objet de ressusciter des images englouties par les millénaires. Donc, si les pierres, les cellules et les cerveaux gardent les traces du passé, pourquoi pas l'âme, source de vie, de sentiments et de sensations. Car les sensations, un spiritualiste ne saurait l'oublier, ne peuvent naître que de la conscience que nous en avons ; les miracles mêmes de l'Eglise catholique nous décrivent la bilocation des Saints, qui en esprit, sont capables de quitter leur corps vivant pour aller voir de leurs yeux immatériels des scènes matérielles. Rappelons par exemple le cas de saint Alphonse de Ligori qui étant corporellement en Espagne a pu assister à la mort du Pape dans l'enceinte même du Vatican. Ne dites pas que c'est un miracle incompréhensible, il s'explique fort bien par le dédoublement, phénomène qui prouve que nous pouvons voir sans les yeux, entendre sans les oreilles, penser et nous souvenir sans le cerveau. Dans la réminiscence des vies antérieures ce n'est évidemment pas le cerveau qui se souvient, puisqu'il n'existait pas encore, mais l'âme qui existait et qui existera éternellement. Quant aux identifications entre les vivants du présent et les vivants du passé, elles sont extrêmement difficiles à déceler. En effet, nous portons inévitablement en nous le souvenir de nos existences antérieures mais dans l'âme transcendante, dans l'Atman, notre cerveau, lui, se contente du souvenir, la plupart du temps inconscient, de notre existence actuelle, de notre vie présente ; il sélectionne d'ailleurs ses souvenirs dans un but d'action corporelle et sociale - sans quoi nous serions submergés et paralysés par un flux tumultueux d'images. Pour atteindre au souvenir des vies antérieures, il faut, comme l'affirment des penseurs hindous, dépasser le plan des dualités terrestres pour rentrer dans la sphère de l'intuition cosmique. Cela ne peut se faire que par une dure ascèse où disparaissent les nourritures impures et les doutes destructeurs. Quand notre esprit aura la pureté et la limpidité d'un miroir, les images de nos vies antérieures apparaîtront avec netteté. Voilà pourquoi tous les grands maîtres déclarent que la Réincarnation n'est pas une théorie mais un fait que l'on constate directement, comme on constata l'existence du soleil, de la lune et des étoiles. La Réincarnation est d'ailleurs le seul moyen de concilier l'injustice apparente du monde avec la justice authentique de Dieu. Pourquoi tant d'êtres naissent-ils avec des tares physiques ou, ce qui est plus terrible encore, mentales ? A cela, trois explications : la catholique, la matérialiste, l'hindouiste.
  • Par la catholique, nous ne comprenons strictement rien, car c'est en vertu des décrets impénétrables de la pensée divine que tel enfant naît avec du génie et tel autre avec du crétinisme.
  • A travers l'explication matérialiste, l'absurdité est encore plus grandiose, car il n'y a exactement aucune raison, sinon l'absurde et l'accidentel pour que les enfants naissent avec des tares, des limitations et des souffrances congénitales.
  • La troisième explication, celle des réincarnations à l'avantage unique de réunir en une brillante synthèse la logique et la justice.
Si je nais aveugle, ou mentalement diminué, si je nais génial ou avec des yeux d'une acuité exceptionnelle, le responsable n'est pas un Dieu incompréhensible, ni un hasard absurde, c'est moi et moi seul, je suis pleinement responsable de toutes les qualités et tous les défauts de ma vie actuelle. Tous les biens et tous les maux qui s'abattent sur moi, c'est moi qui les aient créés dans des vies antérieures. C'est une leçon de lucidité, mais aussi de grandeur, une leçon de raison, comme d'équité ; le monde cesse alors d'être incohérent et la justice du karma rayonne comme mille soleils. Je pense avoir répondu à toutes les objections valables contre la théorie de la Réincarnation et je suis prêt à répondre à toutes celles que l'on me donnera encore, s'il en existe - car pour moi, la Réincarnation et le karma sont les deux clefs qui ouvrent les portes magnifiques du Cosmos. Toute autre doctrine me parait relever de l'ignorance et de l'illusion. Les livres bibliques étant essentiellement des oeuvres d'ésotérisme et de mystère ne contiennent pas de manière claire la doctrine de la réincarnation - mais elle apparaît par transparence, derrière le voile énigmatique des versets. Voici ce que dit Matthieu à propos du Prophète Elie et de Jean-Baptiste : Et lui, si vous voulez m'en croire, il est cet Elie qui doit revenir. [Matthieu XI, 14-15]. Que celui qui a des oreilles, entende ! C'est lui, si vous voulez bien comprendre, l'Elie qui doit revenir (traduction oecuménique) Celui qui a des oreilles, qu'il entende !
[...] et les disciples l'interrogèrent : " Pourquoi donc les scribes disent-ils qu'Elie doit venir d'abord ? " Il répondit : " Certes, Elie va venir et il rétablira tout ; mais, je vous le déclare, Elie est déjà venu et, au lieu de le reconnaître, ils ont fait de lui tout ce qu'ils ont voulu. Le Fils de l'homme, lui aussi, va souffrir par eux. " Alors les disciples comprirent qu'il leur parlait de Jean le Baptiste.
[Matthieu XVII, 10-17]
Matthieu nous avertit qu'il s'agit d'une doctrine secrète transmise de bouche à oreille : " Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! ". Cela rapproché des affirmations de l'historien Flavius Josèphe sur la croyance réincarnationiste des Pharisiens ne permet guère de douter. Malgré les cris et les grincements de dents, les sectes juives croyaient à la transmigration des âmes. D'accord avec l'instinct de justice qui bouillonne au fond de notre coeur, parallèle à la lumière logique qui brille en notre cerveau, conforme au consentement général de la majorité des religions évoquées nettement par la grande voix des Prophètes bibliques, la Réincarnation nous offre la clef d'or qui ouvre les portes de la Divine Vérité.

 

Les Réincarnations

Quel souffle, pétrissant l'humanité barbare,
L'entraîne malgré tout vers des buts solennels ?
Quelle main remplaça sur les puissants autels
L'âcre sang du taureau par le doux miel des jarres ?
L'âme, éternel flambeau, revêt des corps mortels
Que la tombe dévore et que le nid prépare ;
Quand leurs pas rebellés dans les ombres s'égarent,
Une lance de feu dompte les criminels.
Nos fautes, franchissant le sépulcre difforme
Dans les nouvelles vies nous suivent âprement,
La douleur nous instruit, la pensée nous transforme,
L'Idéal nous remplit de son vin écumant.
Nous allons, à travers de triomphants désastres,
Gravissant pas à pas le dur sentier des astres.

Le Poème de la Terre

 

Oiseau et âme

Sous la forme d'un oiseau
Mon âme rouge appareille
Elle brise le réseau
Emprisonnant les merveilles.Mon coeur ploie comme un roseau,
L'ombre chante à mon oreille,
Ma main ravit à la treille
Les délires de l'abeille.Et le baiser du museau.
De quelle riche corbeille
Monte ce parfum nouveau ?Le mort quitte son caveau
Tandis qu'au lointain, là-haut,
L'Etre inconnu se réveille...

10 février 1991

 

 

Fingal

Je suis cet immense voilier
Dont le haut des haubans se dore
J'écoute le franc escolier
Qui va jouant de la mandore.Mon coeur à l'abîme est lié
Par un ruban versicolore
Il fuit de palier en palier
Comme alouette vers l'aurore.Je contemple le fier Fingal
Dont le flamboiement sans égal
Abolit le temps et l'espace.Nicétas me montre Chagall
Mais toute leur splendeur s'efface
Devant l'inconcevable face.

16 février 1991

 

Note
François Brousse a également donné une conférence sur le thème de la réincartion.
Voir la présentation