Ecrits, nouvelles, réflexions de François Brousse
Les Quatrains du "Grand Monarque"
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1ère Partie D'autre part, l'expression monarque vient de monos, ce qui veut dire seul. Un monarque est donc celui qui exerce le pouvoir suprême, soit un roi, soit un dictateur, soit un président de la république, soit tout autre détenteur du pouvoir suprême. Un peu d'étymologie aurait sauvé beaucoup d'exégètes de beaucoup d'étourderies. Armés de cette épée et de cette lance nous pouvons examiner lucidement la longue chaîne des prédictions nostradamiques :
« La piscature barque », on l’a compris : il s’agit de l’Eglise romaine, fondée par Saint Pierre. Mais la barque de Saint-Pierre semble vouée à la noyade. elle sombrera dans les flots tumultueux de l'Histoire. Si la barque de Saint-Pierre est « régie en plus grand détriment », cela veut dire que le dernier pilote - Petrus Romanus - sera le centre d'une transformation révolutionnaire. A cette époque un chef d'état s'emparera, par sa puissance économique et culturelle d'une partie de l'univers. Mais une guerre le privera de sa puissance et même de la vie. Ce n'est évidemment pas le grand monarque rêvé par des hallucinés de superstitions catholico-royalistes. Le quatrain 13 est encore plus enveloppé de robes nébuleuses :
Cette strophe s'applique nettement à deux événements similaires : la révolte des généraux français contre Napoléon 1er et le complot des généraux allemands contre Hitler. Je ne place pas ces deux hommes sur le même plan. Napoléon est l'épée fécondante de la Vérité, Hitler le poignard meurtrier de la folie. Toutefois un cycle les relie étroitement l'un à l'autre. C'est le ruban temporel de 130 ans, que l'on obtient en ajoutant zéro à l'indication du quatrain prophétique. 130 ans plus tôt on rencontre la révolte des mahrattes contre le tyrannique Aurangzeb. Examinons maintenant le quatrain 19, plein de serpents et d'énigmes.
Les symboles prolifèrent, il convient des les éclaircir. Le deuxième vers contient une grande force éclairante. Que signifie le sang Troyen ? Deux nations seulement prétendent, par leurs légendes, remonter à la fabuleuse Troie, princesse de l'Asie, prise et ravagée par les Grecs aux éclatants panaches : L'Italie et la France. Fuyant l'incendie de sa ville Enée serait venu en Italie jeter les bases de la grandeur romaine. L'Enéide nous chante éloquemment cette grandiose épopée. Par ailleurs, Astyanax ou Francus, fils d'Hector fuyant la ville enflammée, a navigué sur les mers tempétueuses pour aborder les rives de la Gaulle chevelue. Il y sema les germes de la grandeur française. Ronsard dans sa Franciade a tenté de donner une épopée à la France. Avouons que ce fut un total échec. Mais la trame légendaire y déroule son fil d'or. « Le sang troyen vexé » représente l'échec de la politique française, en Espagne. Le projet de certains socialistes était de former une alliance entre la République Française et la République Espagnole, couronnée d'une entente avec la République Allemande, à l'époque de Weimar. Dans cette perspective les Etats-Unis se réalisaient tout naturellement et tout pacifiquement. Les folies nazies ont empêché l'éclosion de ce beau rêve. Empêché ou retardé ? En 1936, le général Franco se révolte contre la République Espagnole. Parallèlement les cruels Japonais envahissent l'immense Chine. Si la Chine déploie l'emblème du Dragon, les Japonais peuvent être promus au niveau des serpents. Le sang Troyen a fait un grand nombre. Traduisons : la non-intervention des socialistes français permettra la victoire des serpents, aussi bien nippons que franquistes. Le dernier chef s'est enfui devant les dictatures victorieuses. 1936, c'est à la fois la révolte de Franco et l'invasion Japonaise en Chine. On peut déchiffrer aussi une signification ésotérique. Les « saignes » se transforment paisiblement en sages. La lettre subsistante N représente l'éternité dans la tradition égyptienne. Les seraient donc les sages qui méditent sur l'éternité. En 1936, plusieurs rayonnaient : Gandhi, Aurobindo Ghose, Krishnamurti, François Brousse. On peut même parler de l'influence des sagesses tibétaines. Il suffit de transformer « tare » en « tara », ce qui, kabbalistiquement, n'offre aucune difficulté. Tara est la déesse de la sagesse au pays des neiges. Symboliquement, il existe une trinité de Tara : la blanche, la noire et la jaune, représentant sans doute trois traditions humaines l'occidentale, l'africaine et l'asiatique.
Cette strophe contient une indication historique étonnante. Il s'agit du politicien français Defferre, maire de Marseille et souvent président du conseil sous la Troisième République. Suivant les éditions, l'orthographe est incertaine, Deffaire pour les unes, Defferre pour les autres. N'importe ! approximatif ou décisif le nom étrange demeure. Ce qui le corrobore, c'est le numéro de la strophe, 36, correspondant à l'arrivée du Front Populaire en 1936. Avec Defferre, ami de Léon Blum. Mais qui est le « monarque » indiqué par strophe ? Simplement le Shah d'Iran, qui se repentira de n'avoir pas exécuté son adversaire, l'iman Khomeiny. Nostradamus n'approuve pas ce repentir féroce, mais, en bon prophète, il se contente de le mentionner. Le Shah sera contraint d'accepter une infortune plus grande, et il mourra en exil.
Le suprême ne concerne pas le mythique grand monarque. « Blond élu » nous indique un blond germanique. Nos recherches s'orientent alors vers le Troisième Reich, nettement indiqué dans l'expression « Par trois l’Empire ». Quel est cet homosexuel tué dans son lit, pendant une nuit terrible ? C'est Röhm, rival d'Hitler, et qui fut assassiné sur son ordre. Après quoi, Hitler n'eut qu'à démontrer sa victime comme un chef immoral et dépravé. L'hypocrisie se mélange toujours aux massacres. Serge Hutin suggère que les trois représentent les trois grands, qui ont détruit l'empire d'Hitler : L'Amérique, la Russie et l'Angleterre. De toute manière, le quatrain menace directement le Troisième Reich. En outre, la carte de l'Allemagne sera mise à mort, autrement dit ce pays sera divisé. La séparation, depuis 1945 existe encore (écrit en janvier 1990) entre l'Est et l'Ouest du territoire germanique. Les livres d'Hitler et de Rosenberg cesseront d'être lus. Dans « exancle », on découvre clé, et axe (allusion à l'axe Berlin-Rome) et aussi âne rappel de la sottise hitlérienne. D'autre part subrogé se dit d'une personne qui doit remplacer le tuteur et surveiller sa gestion. Les Alliés étaient et sont encore les subrogés tuteurs de l'Allemagne. Terminons en retrouvant dans « exclan », « clan », qui représente bien le parti nazi. Voyons maintenant le quatrain 97 :
Etrange, mais bien situé. Un songe est célèbre dans l'histoire de Louis XIII. La veille de Rocroi, ce monarque rêva que la France remportait une victoire décisive sur les Espagnols. Le prince de Condé réalisa ce rêve. Les deux derniers vers s'expliquent donc aisément. Les deux premiers aussi, qui indiquent l'arrivée de Mazarin au pouvoir. A la mort de Louis XIII, l'habile et insinuant Mazarin protégé par la reine, devint le chef du Conseil. Anne d'Autriche, régente pendant la minorité de Louis XIV, imposa son favori Mazarin. Après la domination de Richelieu, l'aigle lanceur de foudres, voici la domination de Mazarin, le serpent hypnotiseur. Par les traités de Westphalie, le rusé ministre consacra le démembrement de l'Allemagne, qui ouvrit une ère de suprématie française.
Le grand monarque, c'est Louis XIV et les deux Roys sont ses protégés, Stanilas Leczinsky, roi de Pologne et Jacques II, roi d'Angleterre. Mais la grande maison, , la famille de Louis XIV subira de grands malheurs. Ses enfants moururent, le Dauphin, élève de Fénelon, sur qui l'on avait fondé tant d'espoirs. En ces temps dans le Midi de la France, les camisards, se soulevèrent et furent durement châtiés. La strophe est susceptible d'une autre interprétation, pleine du fracas de la Deuxième Guerre Mondiale. Le grand monarque devient Franklin Roosevelt, président de la toute-puissante Amérique, et les deux Rois prennent le masque dur de Staline et celui, massif, de Churchill. Les camisards de Louis XIV deviennent les maquisards (bizarre permutation du Destin) atrocement persécutés. Narbon, représente aussi le Midi, libéré par le débarquement en Provence, le 15 juillet 1944. Narbonne, ville du Midi, célèbre axe de la domination romaine représente le Midi tout entier.
Le Roy n'est pas le grand monarque mythique, il se confond banalement avec ce pauvre, Louis XVI. Son époque est marquée par la lutte des blancs contre les bleus. Mais, la tête blanche représente aussi l'aristocratie, protégée par la monarchie de droit divin, et décimée par la République. Le Roy, Louis XVI, est mort à l'anthene. Curieuse évocation des fibres subtiles qui permettent de comprendre et de prévoir. Le malheureux monarque était parfaitement dépourvu, comme le prouve la fameuse note de son carnet personnel, datée du 14 juillet 1789, « Rien ». Mal informé ou incompréhensif ? Les deux sans doute. « Grand pendu sus la branche » fait allusion au gouverneur de la Bastille, Delaunay, pendu par les émeutiers. Ce meurtre était inutile et stupide. La Révolution eut été bien plus belle sans les taches de sang qui la souillèrent. Remarquons cependant que la moindre impulsion actuelle, au Liban, par exemple, se solde par des dizaines ou des centaines de morts sans avoir le resplendissement de la Déclaration des Droits de l'Homme. Après la fuite à Varennes, le pitoyable monarque vit diminuer le nombre de ses partisans. C'est nettement la prédiction du dernier vers.
Le premier vers évoque immédiatement les exilés du 2 décembre, dont le plus illustre répond au nom prestigieux de Victor Hugo. Les îles sont Jersey et Guernesey, qui reçurent les proscrits chassés par Napoléon III. Les deux dents signalées par Nostradamus s'expliquent par la symbolique hindouiste. Le chakra de la gorge, quand il est ouvert, donne une éloquence irrésistible, et le souvenir des vies antérieures. Voilà les deux dents miraculeuses ! Hugo se souvenait avec netteté d'avoir été Jean, l'apôtre bien aimé de Jésus-Christ. Un poème fameux des Contemplations en fait foi : Ecoutez, je suis Jean. J'ai vu des choses sombres, Tout le poème a la splendeur des nuits étoilées. « Les arbres esbrotez » broutés, découronnés de leurs feuilles, symbolisent les initiés et les écrivains libres, accablés par la censure du Second Empire. D'autre part certains exilés, coupés de toute ressource, mourraient littéralement de faim. Si nous revenons sur le plan initiatique, les occultistes, les ésotéristes, assistèrent à l'arrivée d'un nouveau Roy, qui leur forgea un nouvel édit. Ce nouveau Roy, ce roi neuf, est Victor Hugo lui-même qui apporta, dans les contemplations par exemple, les nouvelles tables de la Loi, fondées notamment sur la métempsycose. Enorme bouleversement, qui secoua l'orgueil hominal des ésotéristes traditionnels. Ils voient dans l'état hominal un niveau tellement supérieur qu'il ne peut tomber dans l'état animal. Pourtant le dévouement de certains animaux contraste singulièrement avec la cruauté d'un Hitler ou d'un Staline. Ne pas oublier que chaque révélation apporte des affirmations totalement nouvelles. c'est le cas de Victor Hugo.
Ici, le grand monarque s'identifie à Louis XIV, il châtiera la des protestants par la Révocation de l'Edit de Nantes. Au lieu de la tolérance créée par l'intelligent Henri IV les persécuteurs s'abattirent en vol de corbeaux sur les fidèles de la Réforme. Ils voulaient revenir à la pureté des premiers chrétiens. « antique fantaisie », selon Nostradamus qui savait fort bien que les premiers chrétiens étaient surtout des gnostiques. La fantaisie protestante s'opposait à la fantaisie papale. Dans la strophe le mot « temples » s'adresse évidemment aux temples des Réformés. Leur trésor, c'est l'interprétation personnelle de la Bible, qui s'ouvre sur les immenses routes de la liberté personnelle. Le second vers tranche plus nettement encore. Les « seuls » représentent les moines (monos, seul). Leur habit est proscrit par les protestants, qui récusent fortement le monachisme. Pas de couvent dans l'Eglise Réformée ! Le mot frénésie peut encore s'entendre d'une autre manière. Les camisards révoltés contre Louis XIV, à force de lire la Bible, étaient plein de visions combatives, et devenaient frénétiques. C'était fanatisme contre fanatisme. Celui des Protestants devenait plus excusable, car ils supportaient le poids d'une dictature inhumaine. Dans les annales de France quelque chose d'analogue s'est produit avec le Maréchal Pétain qui supprima toutes les entreprises ésotériques, Francs-Maçons, Rose-Croix, Théosophes. Nostradamus fut mis à l'index, ses prédictions menaçaient invisiblement le Troisième Reich. Mais une autre vision du monde s'élucide sur le plan des révélateurs. Le grand monarque prend alors le visage d'un grand prophète. Il viendra comme toujours bouleverser les vieilles écoles fondées sur la tradition. Elles ont une maladie pernicieuse, qui consiste à se réfugier dans l'erreur catholique. Le prophète - Giordano Bruno, Campanella, Leibniz, Swedenborg, Hugo, Krishnamurti, François Brousse - fait voler en éclats cette pitoyable camisole. Les vieux vêtements tombent en haillons. Mais le grand monarque conserve tout le trésor des temples secrets, et il l'augmente en y ajoutant l'avenir, par devant. On peut même supposer que le grand monarque se confond avec Maitreya, la déité qui remplace le Christ, depuis l'entrée de la Terre dans le signe du Verseau. Le message de Nostradamus concernait donc la fin du christianisme et l'arrivée d'une religion nouvelle qui transformera l'âme humaine.
Un des sens multiples de ce quatrain signale un nouveau prophète, cette fois d'origine française. Il s'agit d'abord de Victor Hugo, ensuite de François Brousse. Commençons par Victor Hugo, le mage Olympio, pour les véritables ésotéristes. Ses origines bretonnes font de lui un authentique gaulois, descendant en droite ligne des Celtes. Un poème de son enfance, les Derniers Bardes, chantait la grandeur du message druidique. Le mot « florrir » est un repère brillant, car le sceptre de Victor Hugo répand la fleur de la divine beauté. Ce n'est pas un roi de chair, mais un monarque spirituel. Sans doute, le quatrain prophétique possède aussi un sens terrestre qui s'applique au Général De Gaulle. Mais pour l'instant, je dévoile son visage initiatique. La grande Hiérarchie, tout naturellement, évoque l'Eglise Romaine qui, avec modestie, s'intitule la Hiérarchie. Une des marques du prophète est de nier la suprématie d'une religion quelconque. Hugo, comme Porphyre, comme Voltaire, raille impitoyablement la vieille louve romaine. Le deuxième vers s'explique admirablement par l'avertissement du jeune Victor Hugo à Charles X, vieux monarque méditant un coup d'état. L'inspiré avertit le roi d'un soulèvement populaire. Charles X répondit : « O poète ! » Le poète, comme toujours, avait raison et le peuple, d'une ruade, se débarrassa de son monarque, devenu trop lourd. Victor Hugo chanta ce triomphe de la liberté, incarné dans les Trois Glorieuses, les trois jours salvateurs de juillet 1830. Les : 27, 28 et 29 juillet. Le poète-prophète les célébra dans un cri admirable des « Chants du Crépuscule : dicté après juillet 1830 ». Il s'adresse à la jeune génération : Vos pères n'en ont eu qu'un seul ! Des prophéties parallèles s'appliquent à François Brousse. Il a donné des conférences sur le secret du Bardisme et il a combattu avec ardeur les illusions royalistes. Ces derniers ne sont même pas d'accord sur les origines du grand roi. Mérovingien, Capétien, Espagnol, c'est le chaos, « la discorde de la grande monarchie » Les « trois parts » représentent le corps, l'âme et l'esprit, qui se partagent l'architecture humaine. C'est contraire aux croyances de l'Eglise, la grande hiérarchie, qui se contente de l'âme et du corps, oubliant les splendeurs de l'esprit. Le verbe florir illustre bien l'inspiration poétique du nouveau Roy Gaulois.
Ici le nom du prophète se manifeste de manière inverse et claire. « Chiren » est l'inverse d'Henric, prononcé à la méridionale. Aucun autre Henri n'a droit à ce rude terme. « La gent cruelle » et fière s'identifie à l'Espagne de Philippe II, ensanglantée d'inquisition et raidie d'orgueil nobiliaire. Philippe II fut vaincu par Henri IV, qui obligea les troupes espagnoles de quitter Paris. Henri IV était célèbre par sa barbe noire, comme plus tard Cyrano de Bergerac par son nez. Un mot inattendu surgit, le nom de « Longin ». On se souvient de la tradition selon laquelle la lance du centurion Longinus, qui perça le flanc de Jésus est un terrible talisman qui se transmet aux violents dominateurs du monde. Le dernier possesseur de l'arme sinistre se nommait Adolf Hitler. A l'époque d'Henri IV, Philippe II d'Espagne possédait-il le talisman maudit ? Nostradamus l'insinue. Malgré cette sorcellerie, Philippe II fut vaincu, comme plus tard le seront d'abord Guillaume II, ensuite Hitler. La lance de Longinus se retourne contre le mégalomane qui l'utilise. Tout semble éclairci, sauf le vers ultime. Qui sont les captifs par Seline bannière ? Rappelons que Sélim 1er dit le Féroce, conquit la Syrie, l'Egypte et la Perse. Il eut pour successeur Soliman le Magnifique, qui porta la Turquie au zénith de sa puissance. Nostradamus déclare occultement que la pique de Longinus, talisman de conquêtes sanglantes, passa des mains de Sélim aux mains de Philippe II. Par contre Henri IV, possédait l'épée de Merlin, Excalibur, qui confère les victoires aux héros de la France, aux champions de la liberté mondiale. Ainsi s'interprète « par engin » une arme ingénieuse. C'est le combat d'Excalibur contre la pique de Longinus. Il se termine par la victoire de l'épée transfiguratrice. Alors tous les pays conquis par l'arme infernale seront libérés : la Syrie, l'Egypte, la Perse. De nos jours la prophétie souterraine de Nostradamus est en voie de réalisation. L'Egypte a son indépendance, la Syrie également, l'Iran peut-être aussi.
Nous voilà jetés dans la troisième guerre mondiale (III) en l'an 2017 (17) quand Rome brûlera sous la pluie des bombes atomiques. Depuis quelques années déjà, l'Eglise sera complètement désorganisée, comme le souligne le deuxième vers. Dans les Flandres, un gaz obscur cachera toutes les maisons. Vers à la fois symbolique et réel. Il semble qu'un grand schisme opposera les gens d'Eglise les uns aux autres. Scandales par toute la Terre. Une lutte se dessinera entre deux parties, le grand monarque et son neveu. Le président de l'Italie chassera son neveu, devenu premier ministre et chef d'une Eglise réformée. Le quatrain semble donc se projeter tout entier dans l'avenir. En effet, on ne voit pas dans le passé d'événements similaires. A l'extrême rigueur, on peut évoquer Mussolini qui fit condamner à mort son gendre Ciano. Mais tout le reste du quatrain proteste contre cette interprétation abusive.
Un des sens du mot latin copia était armée, je peux traduire « la grande armée qui sera chassée » ce qui évoque immédiatement la retraite de Russie. Le Roy, c'est donc Napoléon 1er, n'ayant plus l'armée colossale qu'il avait menée jusqu'à Moscou. L'empereur d'Autriche et le roi de Prusse qui avaient signé une alliance avec le grand monarque français se retournèrent contre lui. Cynique trahison ! Mais Napoléon se retrouva, seul, en plein désarroi. Eclipse momentanée du géant. Il revint aux Cent Jours, pour, cette fois, s'écrouler définitivement. Cela nous rappelle les fameux vers des « Châtiments » : Quand il tomba, lâchant le monde, Peut-être est-il nécessaire que les conquérants tombent deux fois, avant d'être roulés dans les linceuls terribles de l'Histoire.
Curieux quatrain fondé sur un parallélisme ! Les deux premiers vers correspondent au bon Henri IV et les deux derniers au fulgurant Napoléon ! Le cycle qui les unit comprend deux siècles, 1589 est une véritable révolution, car un prince protestant devient roi de la France catholique. 1789 brise l'Ancien Régime, ouvrant ainsi la voie à un futur empereur. Henri IV a conquis son royaume par les armes et surtout par les négociations. A prix d'or il acheta le ralliement de ses adversaires. Deux siècles plus tard, Bonaparte imposa sa volonté à coup de victoires. Notamment, la prise de Milan (1796) fit plier les genoux à l'orgueilleuse Autriche. Mais ce qui complique extraordinairement la question, c'est la mention d'Ausone, poète mort en 395 ap. J-C. Le quatrain s'étend d'Ausone à Napoléon 1er, autrement dit, il couvre le Moyen-Age chrétien. De toute manière l'armée catholique sera complètement détruite. L'armée catholique ou plutôt le catholicisme. Il y eut d'abord les victoires de Henri IV sur les Ligueurs, et, plus tard celle de Napoléon sur l'Autriche. D'autres victoires éclaireront l'avenir, les unes par le feu de l'esprit, les autres par succès militaires. Essayons d'annoncer le complexe avenir. Osons utiliser le nombre 16, le tarot des catastrophes. Il devient normalement dans la spirale des âges 1600 années. Faisons l'addition prémonitoire : 395 + 1600 = 1995. Ce serait une des dates cruciales de la mort du catholicisme, cette religion fondée sur la crainte de l'enfer éternel. De toute manière le trépas d'Ausone (395) se retrouve en écho dans la victoire de Fontaine-Française, en 1595, où Henri IV bat les Espagnols et dans l'écrasement des royalistes en 1795 par le général Bonaparte à Saint-Roch, en plein Paris.
Cette strophe s'applique probablement à Napoléon 1er et non à un mythique grand monarque. Selin, renversé, donne Niles, c'est-à-dire Nil évoquant l'expédition d'Egypte. On trouve kabbalistiquement Isis dans Niles. Et Selin n'est pas loin de Sélim, le sultan qui s'empara de l'Egypte (1517). Est-ce une malice de Nostradamus ? Sélim régna de 1512 à 1520, ce qui, trois cents ans plus tard délimite la période allant de 1812 à 1820, de la campagne de Russie à l'assassinat du duc de Berry. Le traité de Campoformio, en 1797, impose la paix à l'Italie. Napoléon était-il « Roi chrétien du monde » ? Le pape vint présider au couronnement de l'empereur, lui apportant ainsi, en 1804, la caution de l'Eglise catholique. Empereur des Français, roi d'Italie, Protecteur de la Confédération du Rhin, maître de la Suisse, dominant par sa parenté la Hollande, l'Espagne. Napoléon 1er était le monarque le plus puissant du globe . La « terre blesique » où il désirait se reposer est-ce la France ? Il avait souhaité dormir au milieu des Français qu'il avait tant aimé. Il dort actuellement au coeur de Paris. La , c'est la France, riche en blé physique et en blé spirituel. Sa main jette au monde les semailles des libertés.
la pensée de Hugo est partout comme un souffle de vie céleste. Maintenant, quels sont les « pirates » « chassés de l’onde » ? Evidemment les Anglais. Comment Napoléon les a-t-il chassés des mers ? Il essaya de le faire par le Blocus Continental, fermant l'Europe aux marchandises britanniques. En 1812, les Anglais attaquèrent les Américains, alliés de Napoléon. Malgré leurs succès initiaux, les assaillants furent obligés de retourner à leur île rapace. Et, en 1823, le président américain Monroe, dans une déclaration courtoise mais ferme, interdit aux Européens (surtout aux Anglais) toute intervention dans le Nouveau-Continent. Les pirates étaient chassés de l'onde ! Sinon par Napoléon vivant, mais par sa grande ombre.
Le dernier vers nous permet de reconnaître nettement Louis XIV qui persécuta si fort les protestants, innocents de tout crime selon Nostradamus. Saturne représente le continent américain. Si nous en croyons la mythologie, Saturne régna aux bornes occidentales du monde. Le continent américain ! C'est là que sous Louis XIV, les explorateurs français conquirent une vaste région qu'ils baptisèrent Louisiane en l'honneur du roi-soleil ! « Sol, le Roy fort et puissant » déclare péremptoirement Nostradamus. Tous les rois ont été sacrés à Reims, sauf Henri IV, le monarque initié. Mais, en outre, Louis XIV atteignit le sommet de sa gloire par le Traité d'Aix la Chapelle, en 1668, qui faisait de lui le plus puissant des monarques européens. Mais il attendit le zénith de sa force terrestre pour révoquer l'Edit de Nantes (1685) où il livra aux meurtriers, aux dragons féroces, le meilleur sang de son royaume, les protestants. Rappelons aussi la dévastation du Palatinat encore un exploit farouche du grand Roy. Le mot meurtrier doit être pris dans sons sens étymologique : commettre des meurtres. Les Dragonnades furent une nuée d'assassins contre des populations sans défense. Le cycle séculaire unit Louis XIV à Napoléon, et la mort du grand roi (1715) a pour écho la chute de Napoléon à Waterloo (1815).
Quel est ce merveilleux personnage ? On pense tout de suite au titre initiatique : le sublime prince du Royal Secret. Ce titre apparaît dans de nombreux ordres occultes, et le Royal Secret contient toute la Sagesse de Dieu, la théosophie. Mais le Prince annoncé doit naître en France, la fille aînée de l'esprit, comme dit Georges Barbarin. Les noms abondent sous la plume, comme les pluies printanières. Voltaire, Fabre d'Olivet, Victor Hugo, Honoré de Balzac, George Sand, Saint Yves d'Alveydre, Edouard Schuré, Jules Michelet, Edgard Quinet, Papus, Philippe de Lyon, Fulcanelli, que d'esprits éminents, que de géants spirituels ! D'après le quatrain, ils doivent avoir des rapports avec la Chine, car le mot chien est le nom inverse de la Chine. Tous ces princes royaux ont-ils des liens avec l'empire du Milieu ? Presque tous. Il suffit de rayer de la liste Honoré de Balzac, George Sand et Fulcanelli, éminentes intelligences, mais qui ne rentrent pas dans les cadres de ce quatrain prophétique. Une autre restriction possible, c'est l'étreinte de la Lune, dame de la nuit. Le Tarot XVIII nous présente alors ses prestiges. Deux chiens aboient vers le visage blafard de Phoebé. C'est bien la description Nostradamique. Ajoutons qu'il s'agit d'un Maître au charme irrésistible. Cela supprime Papus et Philippe de Lyon, admirables penseurs dont le style n'est pas toujours à la hauteur de leurs pensées. Restent donc en lice les derniers champions : Voltaire, Fabre d'Olivet, Victor Hugo, Saint Yves d'Alveydre, Edouard Schuré, Jules Michelet, Egard Quinet. C'est à ce bouquet de génies que s'adresse la prédiction de Nostradamus, et non à un spectre royaliste et catholique. Pour expliquer « du ciel venu » citons encore Hugo :
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