Ecrits, nouvelles, réflexions de François Brousse
Une femme longue de 175 années !
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Dans un rêve étrange, on m'a parlé d'une femme "longue de 175 années". J'ai pensé qu'il s'agissait d'un cycle nouveau de 175 ans et j'ai vérifié. Si nous partons en reculant de la révolution idéaliste de 1968, nous atteignons 1793, sommet sanglant de la Révolution Française. Un autre saut nous transporte en 1618, commencement de la guerre de Trente Ans, où les catholiques perdirent la moitié de l'Europe. La flèche continue triomphalement et marque chaque fois un événement majeur. En 1443, nous sommes en pleine reconquête de la Normandie par Charles VII, qu'auréole l'espoir de chasser définitivement les Anglais. En 1268, Saint Louis était devenu l'arbitre de l'Europe, les barons anglais sollicitaient ses conseils. En 1093, Saint Anselme, l'extraordinaire auteur d'une preuve de l'existence de Dieu, douteuse mais féconde, devint évêque de Canterbury. En 918, le comte de Flandres et le roi de France attaquent victorieusement Othon Ier roi d'Allemagne et repoussent les Normands. En 743, sous l'impulsion de Pépin le Bref on couronne le dernier Mérovingien, Childéric III, sans héritier. La place était libre pour une nouvelle race de rois. Mais dans l'ombre des clandestins prétendirent effrontément descendre des monarques légitimes. En 568, les Lombards s'emparent de la plaine du Pô, y implantant leur polythéisme mystique, dont les parfums enivrèrent Dante. En 393, Théodose Ier, l'inepte et barbare empereur chrétien, supprime toutes les fêtes païennes, notamment les jeux olympiques. Deux ans plus tard, à sa mort, les deux moitiés de l'empire se séparèrent définitivement. En 218, l'empereur Macrin, que viennent de battre les armées perses, est massacré par ses propres légions. On plaça sur le trône un petit-neveu de Septime Sévère, le jeune Héliogabale, prêtre fanatique et dissolu d'un dieu syrien. Héliogabale vécut dans des cérémonies luxurieuses et fastueuses, laissant gouverner "les princesses syriennes". Son prosélytisme exaspéra les soldats qui le tuèrent en 222. Le métier d'empereur n'est pas très confortable. En 43, l'empereur Claude, savant, intelligent, mais de caractère faible, laissait gouverner ses affranchis qu'il avait choisi avec un remarquable discernement. Sa seconde épouse Agrippine, l'empoisonna. Il eût la gloire de donner à Rome la Grande Bretagne. En -132, la Ville éternelle perdit un de ses plus nobles fils, Tibérius Gracchus, plein de compassion et de justice, il avait fait promulguer une loi distribuant des terres aux paysans dépourvus de ressources ( -133). Mais il ne fut pas réélu tribun et périt dans une émeute fomentée par les plus révolutionnaires de ses ennemis, précisément en -132. Nous voici maintenant transportés en -307. Nous touchons à un nouveau triomphe de Rome, aux campagnes militaires dans le Samnium qui imposèrent de ( -308 à -304 ) la suprématie des soldats aux têtes carrées. En -482, Thémistocle, devenu le maître d'Athènes depuis l'exil d'Aristide (l'année précédente ) s'emploie à construire une flotte puissante qui brisera les ambitions hégémoniques de la Perse. En -657, nous tombons dans le règne d'Assurbanipal, apogée de la puissance d'Assur( -668 à -626). Toutefois malgré la prise de Thèbes en -663, il fut chassé d'Egypte par le pharaon Psamméticus. En -832 nous connaissons le règne de Joas( -835 à -796 ) célèbre par la Bible et par Racine. Mais on peut y placer également la vie du fondateur de Carthage, ville née en -814 sous le souffle de Didon, que chantèrent les vers mélodieux de Virgile. Carthage domina les océans et fit chanceler la fortune de Rome. La prochaine date éclate en -1007. C'est, à mes yeux, la fin du règne de Saül, dont les historiens ignorent la date exacte: aux environs de -1010 chuchotent-ils. Saül et son fils Jonathan moururent vaillamment dans un combat contre les envahisseurs philistins. David, ami de Jonathan, consacra un admirable chant funèbre à la mémoire des héros. La date suivante (-1182 ) sonne comme une fanfare. C'est la date traditionnelle de la prise de Troie par les Grecs, et l'effondrement de ce vaste empire qui dominait l'Asie Mineure. A travers les chants d'Homère, l'histoire et le symbolisme s'épousent dans un éclat de fantastique beauté. Ces figures Pâris, Hélène, Ménélas, Agamemnon, Achille, Patrocle, Ulysse, Diomède, Nestor, les deux Ajax, Chrysès, Briséis, Priam, Hector, Andromaque, ont chair et sang. Mais ils représentent aussi des idées éternelles, et la belle Hélène respire dans la science sacrée. La date ultime en -1357 vibre en longs prolongements. C'est l'affirmation d'un Dieu unique, Aton, par le génial Aménophis IV, qui rendit célèbre le nom d'Akh-en-Aton, ou splendeur d'Aton, dont il se para. La chaîne cyclique de 175 ans se termine triomphalement dans la découverte du monothéisme par un surhomme. On peut supposer que cette même année vit l'installation du couple royal, Akh-en-Aton et Néfertiti dans la cité de l'Horizon, devenue Tell-el-Amarna.
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