
Enfant du Roussillon, François Brousse plonge dès son adolescence dans la poésie, avant même ses études de philosophie à Montpellier. Le recueil de poèmes récemment édité Fantaisies rassemble ces premières pages lumineuses écrites à l'aurore de ses quinze années. Son premier recueil édité par ses propres soins en 1938, Le Poème de la Terre , décrit les différents âges de la Terre, des origines au futur de l'humanité. François Brousse renouvelle le genre français de l'épopée, reprenant le flambeau, de la chanson de geste jusqu'à Victor Hugo. Ce style épique, puissant, flamboyant est présent tout au long de sa publication. C'est ainsi qu'il adapte les exploits de trois figures emblématiques de la culture universelle : Râma aux yeux de lotus bleu (1952), Orphée au front serein (1984), Le chant cosmique de Merlin (1995). Suivent en écho trois essais d'investigation : Zoroastre l'Apôtre du Soleil (1972), Les mystères d'Apollon (1986), La coupe d'Ogmios (1993) . Avant guerre, dans la mouvance des surréalistes, François Brousse cherche une nouvelle voie interprétative des rêves, qu'il explique dans son opuscule Par le soupirail des rêves (1935). Durant cette même période il affirme l'existence d'un monde “astral”, lié au monde du rêve, qu'il explore dans La tour de cristal (1939) recueil de poèmes oniriques, en vers libres. Durant les années de guerre, François Brousse proclame sa révolte contre la débauche de forces destructrices à laquelle il oppose deux réponses : Chants dans le ciel (1940), poèmes où il exalte la beauté de la nature et propose une alternative spirituelle aux tourments de l'homme par une évasion vers l'infini, puis A l'ombre de l'antéchrist (1945), où il exprime dans ses vers, la force des idées humanistes contre la violence. A cette même époque François Brousse s'intéresse au prophétisme et commente, des poèmes de Victor Hugo dans La chute de l'aigle allemand (1944) et L'avenir des peuples (1945). Fasciné, défendant l'existence d'une intuition prophétique, il décryptera toute sa vie diverses prophéties : L'Apocalypse de saint Jean (1945), Le secret des tombes royales (1947), Les clés de Nostradamus (1965), La septième erreur de l'humanité (1975), La prophétie des papes, miroir du monde (1981), Nostradamus ressuscité (1996-1998). En 1950, il fonde à Perpignan avec différents artistes le groupe de la IVème dimension qu'il dote d'un manifeste : Le manifeste de la Quatrième Dimension (publié en 1973). Au delà du monde phénoménal se déploie le domaine de la quatrième dimension où s'épanouit le “surconscient” humain. Le poète doit atteindre ce moi idéal qui y rayonne, par le rejet de toute pensée de haine, l'exercice de la raison indépendante et la recherche esthétique. Parallèlement, il participe à la fondation du comité Victor Hugo , des revues Agni et Sources-Vives . Il y publie, ainsi que dans des journaux locaux, des articles, critiques poétiques et contes fantastiques, parmi lesquels Antoine Orliac, poète martiniste (1958), René Espeut, biologiste et poète (1979).
La poésie de François Brousse devient une quête d'humanité, d'intelligence et de beauté, elle se colore d'idéalisme, de métaphysique et de mystère. Il publie de 1950 à 1985, Le rythme d'or, Les pèlerins de la nuit, L'enlumineur des mondes, La harpe aux cordes de lune, L'éternel reflet, Hymne à la joie, Voltiges et vertiges, De l'autre cygne à l'un, Murmures magiques, L'angélus des rêves, Ivresses et sommeils, Au royaume des oiseaux et des licornes
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La Licorne Ailée