Pyramides

Tu ne t' égares pas dans les perfides sentiers des illusions et des raisons,
Victorieux, sur le sommet des sagesses, tu montes !
Là, point de tigres cachés sous le hérissement des branches hypocrites.
Point de vipère à tête plate, au coeur triangulaire, au dard de glace verte.
Contemple, du haut de la tour illuminée, le cintre tissé par des arcs-en-ciel ...
Monde et rêve, matière et songe, voie lactée et mirage,
s'effacent peu à peu dans la brume indéfinie.
Tu te brandis, comme un phare d'orgueil, vers le zénith si beau que les oiseaux, s'immobilisent d' extase quand ils en touchent l'ineffable courbure

Et l'ombre de la pyramide, suivant la danse du soleil, ouvre autour de ton vol immuable, tous les pétales de la Ténèbre unique.