Egypte

Les sycomores bleus balancent au Zéphyre
Leur fastueux panache où niclient des ibis
Si roses qu'on dirait des jouets de rubis.
Le Sphinx les fixe avec ses regards de porphyre. 

Le ciel illimité déroule son délire
Sur le sable, pareil au sommeil des zombis,
Que les cailloux de miel couvrent de clairs habits.
Mais quel fleuve lointain fait résonner sa lyre ?

C'est Lui, le Nil sacré, fils éternel des monts !
Sous les faucons d'agate et les éperviers mauves
Il s'avance, entouré du hurlement des fauves ; 

Et l'ermite, que trouble un troupeau de démons,
Rêve dans sa caverne, à l'ombre des pilastres,
Aux fruits de paradis que mûrissent les astres.