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La Coupe d'Ogmios

Introduction.
Pour fouiller la profondeur des mythologies celtiques nous ne disposons que de textes tronqués et de monuments mystérieux. Ce que nous devinons nous laisse entrevoir la silhouette d'une splendide et vivante religion dont les dogmes s'identifient aux dogmes fondamentaux des autres croyances professées par les peuples de la Terre.

DIS PATER

Il y a d'abord, nous dit César, un Dis Pater, un « Dieu Père », l'ancêtre vénéré de la race celtique.

Ce Dieu énigmatique était le centre des méditations des druides et un objet d'orgueil pour les Gaulois qui se vantaient de leur parenté divine. Il se confond sans doute avec Esus, considéré par les tribus du Nord comme la source première de tous les dieux. Il ressemble donc à Jupiter, père des dieux et des hommes.

César déclare que la divinité principale des Gaulois est Mercure, regardé surtout comme l'inventeur de tous les arts utiles, comme la puissance civilisatrice par excellence. Il parle aussi de quatre autres dieux adorés par les Gaulois : Jupiter, Apollon, Mars et Minerve. En réalité, il a fait du seul Esus, trois divinités différentes : Dis Pater, Mercure et Jupiter. Mais avec un peu d'attention il est facile de reconstituer l'unité fondamentale.

Le conquérant romain, plus habile aux travaux guerriers qu'aux spéculations religieuses, a pris trois formes locales d’un même Dieu pour trois dieux divers, à peu près comme un étranger ignorant qui prendrait la Vierge de Lourdes, celle de Lisieux et celle de Lorette pour trois déesses distinctes.