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Les Mystères d'Apollon

Dans les mystères d'Apollon, l’auteur de la Trinosophie de l’Etoile Polaire évoque la figure étonnante et secrète d'un dieu à la fois symbole et enseignement mystique. C’est un prodigieux voyage au travers de toutes les traditions, toutes les mythologies et toutes les légendes s’attachant au périple du Roi de l’astre flamboyant.

Introduction
Le Soleil, dont la roue d'or foule les sentiers enflammés du ciel, fut le dieu central de cette harmonieuse antiquité, qui reste comme un parfum dans le tumulte de nos coeurs. Dispensateur de bienfaits, archer flamboyant, douce caresse d'amour, faulx brûlante de mort, l'astre impérial suscita chez les peuples enfants le double geyser de la crainte et de l'adoration. Le Soleil finit par devenir l'urne de feu où les âmes versèrent leurs méditations, leurs passions, leurs rêves, tout le sang de leur être...

L'étincelle sentimentale ayant jailli, le rouage intuitif qui sommeille dans l'homme se remit en marche avec une puissance inouïe. C'est pourquoi les mythologies solaires enferment de prodigieuses vérités, arrachées par le génie à l'âme de la Nature, à cette sphère métaphysique et radieuse, à ce monde des Idées qui plane sur l'illusion des sens. Le vivant univers possède une mémoire où s'entassent tous les événements du passé, une volonté d'où jaillissent tous les phénomènes du présent, une intelligence où s'élaborent les germes ardents de l'avenir. Les Inspirés d'autrefois surent puiser dans le vivant univers la Sagesse aux trois visages, tournés vers le temps, l'espace et la cause. Ils n'étaient pas loin de la connaissance totale. Les Inspirés d'à présent peuvent tenter les mêmes exploits et, modernes Hercules, promener leurs pas vainqueurs dans le marais qu'emplit le sifflement de l'Hydre.

Au commentateur, il reste la méditation des légendes sacrées dont les lumières multicolores vont des secrets physiques à l'infini et à l'Eternel. La légende d'Apollon, ce dieu qui résume les intimités du Soleil et les souvenirs d'un héros atlante, abonde en trésors cachés. Je vais essayer d'en soulever les voiles aux plis resplendissants.

On considère habituellement les mythologies comme une explosion de symboles sexuels, analogues à ceux du rêve, ou bien comme une imagerie drapée autour de la première religion de l'humanité, le totémisme.

Mais ces interprétations s'effondrent d'elles-mêmes. En effet, le freudisme a subi des chocs créateurs qui l'ont élargi considérablement. Il renferme comme principes d'explication, en dehors du monde sexuel, la sphère de la volonté de puissance et même l'infini métaphysique. Par ailleurs, le totémisme, première religion hypothétique de l'humanité, n'apparaît plus comme ligoté dans les étroites chaînes sociales que lui forgea Durkheim. On connaît trop actuellement l'influence des personnalités gênantes, dont les gestes peuvent changer le cours du temps. Ni Freud, ni Durkheim ne suffisent à la complexité universelle.

Mais l'intuition divinatrice, qui pénètre les secrets de l'Absolu et l'action des géants de l'esprit, sont la double torche qui féconde en les illuminant, les gouffres de la mythologie.

Partons à la recherche de ces feux inspirés, dont la splendeur multiple diapre les livres que vénèrent les divers peuples de la terre. Du septentrion au midi, du levant au couchant, les voix du monde prononcent ta formule fondamentale, ô Vérité !