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Vers l'Ailleurs

Mon âme, vers l’Ailleurs, dérive doucement ;
Elle boit le nectar   des amours immortelles ;
Son aile prend le bleu lamé du firmament,
Sa robe translucide a la mer pour dentelles.

Mon corps désobéit à l’appel des vigueurs ;
Mon corps, cet étranger, flaire toujours ma trace ;
Mais j’écoute chanter, flots transfigurateurs,
Votre violoncelle où l’infini s’enlace !

Bientôt je quitterai la Terre au front vermeil,
La Terre des humains, amertume et démence ;
Bientôt, je m’en irai vers l’éternel Soleil
Où des poètes saints tonnent le rire immense.

Là, parmi les Aînés, Jésus et Valmiki,
Dans le temple absolu dont s’ouvriront les voiles,
Avec Dieu, j’errerai par les parfums exquis
Et je m’engloutirai dans l’âme des étoiles.